Sa naissance…

La construction du canal Saint-Martin a commencé en 1805 par ses deux extrémités, mais ne s’est terminée qu’en 1825 du fait de la difficulté d’insérer un tel ouvrage dans un site déjà très urbanisé. Les parties les plus anciennes se situent sous le pont du boulevard Morland, les voûtes de la Bastille et de la rue La Fayette. Le canal est ponctué par neuf écluses.

Avec le canal de l’Ourcq, le bassin de la Villette et le canal Saint-Denis, il constitue le réseau des canaux parisiens, long de 130 km, qui appartient à la Ville de Paris. Le canal Saint-Martin est inscrit monument historique depuis le 23 février 1993.

Histoire et évolution

Des nouveaux quartiers industriels de Paris où se côtoyaient entrepôts, meuneries, vitreries… virent le jour le long du canal Saint-Martin. Sous le Second Empire, le préfet Haussmann voulant créer le boulevard du Prince- Eugène (boulevard Voltaire), s’est heurté à la présence du canal qui aurait nécessité un pont mobile, chose inacceptable pour une grande voie destinée à recevoir une forte circulation. L’ingénieur Belgrand résolut le problème en faisant déplacer d’environ deux kilomètres vers l’amont l’échelle d’écluses de la Bastille, pour la reconstruire au niveau de la rue du Faubourg-du-Temple. Ceci permit d’abaisser le canal entre la Bastille et la rue du Faubourg-du-Temple d’environ cinq mètres et donc de réaliser un pont fixe pour le franchissement du nouveau boulevard.

L’approfondissement du canal créait une tranchée et supprimait tous les ports. Le préfet Haussmann décida donc de compléter l’opération par la couverture du canal au moyen d’une voûte entre la Bastille et l’avenue de la République, créant ainsi le boulevard Richard-Lenoir. L’ensemble de l’opération fut réalisé entre 1860 et 1862.

En 1906, les travaux de couverture du canal Saint-Martin reprirent. Une nouvelle voûte, celle du Temple, fut construite dans le prolongement de la voûte Richard-Lenoir. Ainsi est né le boulevard Jules-Ferry.

La partie restée à ciel ouvert fut reconstruite en 1890, et réaménagée en 1999 et 2002. Les deux ponts mobiles (Dieu et Grange aux Belles) ont remplacé des ouvrages anciens en bois vers 1890.

Les célèbres passerelles datent de la deuxième moitié du dix-neuvième siècle.

Le canal Saint-Martin est donc lui aussi le témoin d’une évolution continue. Néanmoins, il est caractéristique de la première moitié du dix-neuvième siècle, dans sa conception générale, et de la deuxième moitié du dix-neuvième siècle, par un certain nombre d’ouvrages marquants comme les passerelles ou la voûte Richard-Lenoir notamment.

Les abords du canal ont en revanche subi une mutation très profonde depuis sa création.

Aujourd’hui

Le canal Saint-Martin sert essentiellement au transport de passagers pour des croisières touristiques et peu pour le transport de marchandises. Il est ouvert 363 jours par an. Ses berges sont également très prisées des Parisiens pour se promener et même pique-niquer. Dans le cadre de l’opération « Paris respire » organisée par la Mairie de Paris, les berges sont d’ailleurs fermées à la circulation tous les dimanches et jours fériés de 10 h à 20 h du premier dimanche du mois d’avril au dernier dimanche du mois de septembre (heure d’été) et de 10 h à 18 h du premier dimanche du mois d’octobre au dernier dimanche du mois de mars (heure d’hiver), ce qui favorise largement leur réappropriation par les piétons comme par les cyclistes.

Ce site est desservi par les stations de métro République , Goncourt et Jaurès .

Au cinéma / à la télévision :

  • On peut y voir plusieurs scènes du Clan des Siciliens . Sur les quais du canal, Vittorio Manalese (Jean Gabin) y possède une salle de jeu qui lui sert de couverture.
  • Les fameuses scènes d’Arletty et Louis Jouvet dans Hôtel du Nord de Marcel Carné en 1938.
  • Dans Les Malheurs d’Alfred (1972), Pierre Richard et Anny Duperey se rencontrent au début du film en tentant de se suicider dans le canal.
  • En 1980, Gérard Courant a réalisé un long métrage documentaire entièrement consacré au canal Saint-Martin, intitulé Vivre est une solution .
  • Le passage Soufflot (lieu imaginaire) menant au commissariat de la série de télévision P.J. est situé en contrebas de l’écluse des Récollets, rue Bichat.
  • Des passages du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet en 2001.
  • 2005 : Canal , de Nicolas Droin et Prosper Hillairet.
  • 2011 : Pour les 25 ans du Téléthon, France Télévisions utilise un dispositif inédit et exceptionnel en diffusant plusieurs émissions depuis un bateau qui navigue le long du canal.

Dans la musique :

  • Les Fatals Picards ont écrit une chanson intitulée Canal Saint-Martin dans leur album « Le Sens de la gravité », sorti en mars en 2009.
  • Mano Solo évoque les mariniers du canal Saint-Martin dans sa chanson Chacun sa peine , sortie en 1993 sur l’album La marmaille nue .
  • Édith Piaf évoque le canal Saint-Martin dans sa chanson Les mômes de la cloche , une chanson de Vincent Scotto et Decaye, musique de Médinger, composée en 1936.
  • Michel Polnareff décrit l’action de sa chanson Avec Nini « Près du canal Saint Martin ». La chanson commence par ces mots.

Plus d’infos sur le site de la Mairie de Paris .